journal
Confinement. Jour 16. 6 h. Alors que s'éloignent les raffinements baroques du premier café, jusqu'ici ce matin a l'air tout à fait " normal." Mais oui, ce matin encore jeune n'est toujours pas en train de courir. Pas plus qu'il n'est lié, de près ou de...
Confinement. Jour 11. 8 h 42. Les premières images de ce matin s'installent dans un monde violé, un ordre des choses complètement transgressé et les rares personnes que je croise semblent, enfin, avoir accepté leur sort de bonne grâce. Le temps d'écrire...
Confinement. Jour 8. Trois fois. Entre midi et une heure, hier, lundi 23 mars 2020, je suis donc sorti trois fois. Pas longtemps. D'abord, le temps d'oublier le sucre en morceaux. Ensuite les fruits - bananes, raisin sans pépin, oranges - et quelques...
Confinement. Jour 35. 7 h 06. L'après-midi d'hier m'a montré tant de douceur que j'ai bien cru que j'allais redevenir écrivain. Oui, que j'étais sur le point de revivre. Le temps de boire un café, pour une poignée de secondes...et il y avait déjà comme...
Confinement. Jour 34. Personne ne semble s'en rendre compte mais les rêves du sans-abri qui peuple de son surpoids aux profondeurs intimes et mystérieuses ce maigre bout d'abribus, cherchant sans doute - mais qu'est-ce que j'en sais ? - à transformer...
Confinement. Jour 33. 7 h 03. Les cloches ont une voix. La nuit dernière, en séchant comme un paquet de linge sale, devant un texte dont les corrections, sans cesse repoussées au lendemain, me donnaient beaucoup d'effort, j'ai repensé à celles qui m'apportaient...
Confinement. Jour 30. 10 h 33. Ce matin, j'ai écrit un poème en courant. J'ai repensé à ce que Charles Juliet me confiait- il l'a souvent dit, tout ça...rien de très neuf pour qui connaît l'auteur et son oeuvre...-, sur son raport à la marche et comment...
Confinement. Jour 27. 16 h 40. Marcher au hasard dans les rues, surtout le dimanche, j'ai toujours aimé ça. Marcher au hasard... à la rencontre des saveurs contrastées de quelques émotions nouvelles. Si j'écris que même les rues les plus familières sont...
Confinement. Jour 26. 16 h 42. Sur Fip, alors, la voix d'Aretha Franklin. Le chat Giscard se léche le trou du cul. Il aime en prendre soin et quelle grâce de parfait homme du monde il déploie à petits secouements de langue afin de ne rien laisser au hasard....
Confinement. Jour 23. 8 h 07. Parfois, au moment de rallumer la radio, puisqu'il n'y a guère plus que la musique et le son des autres pour nous faire partir un peu en voyage, alors des envies curieuses vous viennent...Comme de limer les ongles de cette...
Confinement. Jour 15. " Nous arriverons tous au coin d'une rue sombre et étroite " Le vieil homme marmonait ça, ce matin. Et d'abord, à qui me fait vraiment penser ce vieux que je ne cesse de croiser dans l'ascenseur au moment de ma sortie journalière...
Déconfinement. Derniers jours... Hier, oh alors, voilà c'était... C'était juste avant qu'aux alentours de 20 h et des poussières et ces deux bières partagées entre amis, au Chinon, rue des Abbesses, au milieu d'une foule de jeunes et de moins jeunes,...
Confinement. An 2. Jour... " Vous arrive-t-il d'avoir froid, Mademoiselle..." Et lui, alors c'est juste un homme flottant entre deux attestations bricolées sur le pouce, rafistolées, sur la terre et par delà les mers froides de la grande ville, à l'aide...
Confinement. An 2. Jour... Encore l'automne qui pousse son petit balai de feuilles sur les parkings où traînent quelques gamins dans l'incapacité de fêter leur dix-huit ans ailleurs que dans la solitude . Toujours le surendettement des ménages qui fait...
Et l'automne revient nous dire pourquoi à chaque chose est assigné un pouvoir limité, une borne immuable. Hier, en fin d'après-midi, alors je suis allé rejoindre un ami, afin que nos mélancolies se déplacent, comme ça, brièvement, et toujours comme ça...
Plus mes yeux presque morts bouillis dans les premières fièvres de l'automne, oui, plus mes pauvres yeux les regardent, et c'est chaque fois que je redescends de ma colline pour me rendre au travail, plus je comprends ce qui est là, tapi comme une bête...
Confinement. Jour 14. Tout recommence alors que je reçois des nouvelles d'un vieux comparse. Il s'est retrouvé, comme tant d'autres, pris au piège du confinement, figé au milieu d'une phrase assez bien partie pourtant pour imposer la réduction définitive...