Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Confiné(e)s
Publicité

Les angles souterrains

Les angles souterrains
Publicité

Confinement. Jour 34.

Personne ne semble s'en rendre compte mais les rêves du sans-abri qui peuple de son surpoids aux profondeurs intimes et mystérieuses ce maigre bout d'abribus, cherchant sans doute - mais qu'est-ce que j'en sais ? - à transformer en antidote contre l'art des rétines tout ce mobilier urbain qui, même à l'aimer de la façon qu'on l'aime, la ville n'est plus à une mesquinerie de ce genre près, oui tout ce mobilier urbain qui vise à empêcher l'installation, ne serait-ce que provisoire, d'êtres comme lui - dont ce monde bancal estime bien sûr qu'il n'y a plus rien à tirer - sur le peu d'espace encore disponible dans l'espace public, oui, personne ne semble s'en rendre compte mais ses rêves s'échappent parfois de ses yeux comme seuls les pingouins s'échappent.

Les villes aiment-elles vraiment l'ennui ? Les abribus sont-ils prêts à offrir leur vie de plexiglass pour que subsistent des idées d'insoumission passive pareilles ? Plus les choses tentent, presque à leur corps défendant, d'échapper au grand récit initiatique, envoûtant et étrange, que c'est, aussi, survivre de face ou de profil dans les dernières trappes ménagées - même si chaque jour, le téléphone arrondit les angles souterrains qui voulaient juste vivre d'humour et de migraine - les dernières trappes ménagées par les quartiers perdus qui restent et plus, alors, elles s'échinent à remettre en son - le son sourd d'une chute. L'onomatopée rauque d'où surgit toujours ce genre de personnage, vous savez, qui court la nuit, au bord du vide. Ce genre-là... - à remettre en son des mélodies du malheur que plus personne n'a envie d'écouter...

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
Montaigne disait qu'il faut passer le mauvais temps en courant et s'arrêter au bon. Mais là finalement aujourd'hui tout est chamboulé avec ce truc covidien qui nous fait appliquer l'inverse. <br /> Et ces réflexes qui reviennent vite au regard de la queue à ce MC Do réouvrant ses portes de malbouffe, bien entretenus par des médias creusant toujours plus profond pour trouver leur lot quotidien de quoi casser la croûte, travaillant plus l'effet loupe audimat que l'authenticité des faits, en attendant celui certifié conforme du côté des microscopes à propos de ce tueur en séries qu'on sait, toujours retranché derrière sa muraille de Chine à faire de la résistance. Une mélodie toujours en sous sol, et espace public ou pas s'abriter minimum derrière un plexiglass, de la connerie toujours ambiante. <br /> Sinon la nature pousse de plus belle et reprend sa place, les cheveux aussi, genre Jackson's Five ce matin dans ma glace. Il y aura du boulot chez les hairdressers, des ruades style soldes un fauteuil pour deux. J'attendrai fin mai, d'ici là je serai passé au style Woodstcok,<br /> Voilà, c'était la rubrique c'était mieux avant, confiné dans ma serre à vouloir faire du présent un effet imparfait.
Répondre