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Confiné(e)s
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Et si cet automne confiné consacrait les musiques de films érotiques...

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Confinement. An 2. Jour...

Encore l'automne qui pousse son petit balai de feuilles sur les parkings où traînent quelques gamins dans l'incapacité de fêter leur dix-huit ans ailleurs que dans la solitude . Toujours le surendettement des ménages qui fait dire aux plus démunis que, décidement, cette ville ne vaut rien en hiver. Et que, oui, même sous la pleine lune, les nuits sont plus noires.  Confinement ou pas, les saisons passent, le passé entoure les esprits d'ici et on ne peut même pas changer de nom - à peine d'avatar sur le site libertin pour les nuls où même les fesses de la voisine sont fake - et ni elles, ni eux ne peuvent songer un seul instant à leurs enfants, en se disant, comme ça, que le jour de leur dix-huit ans, une telle, par exemple, fera un voeu en regardant une étoile filante tandis, pourquoi pas, qu'un tel sera à guetter le premier train. C'est plutôt que tous ces jeunes gens, mal nés mais pas toujours, se demandent : combien de temps vais-je rester ici ? 

Encore l'automne qui semble se plaindre  sur le mode " désolé mec, j'ai été pris sous une pluie diluvienne et comble du comble, je me suis senti bien seul sous mon parapluie. Bien seul." Toujours ce satané agenda médiatique qui, cette fois, tente d'imprimer le refrain du confinement light allégé sans presque violence conjugale et qui de fait a bien réussi son coup, puisqu'il est presque sur toutes les lèvres. Au fait, qui pourrait me dire pourquoi plus aucune main ne se tend pour faire la claque, vers 20h, en l'honneur du personnel soignant ? Et ce qui retient désormais nos braves secrétaires d'état de vitupérer après ces feignasses de profs, lesquelles-lesquels feraient mieux, dans l'intérêt supérieur de la nation,  d'aller donner la main aux agriculteurs, au lieu de passer leur journée à bricoler des visios pour minitel alors que l'échec scolaire ne rêverait que  d'abonnement Netflix ?

Encore l'automne et, qu'on le veuille ou non, le confinement est déjà entré dans les moeurs. Comme Tinder et ses promesses de romances nerveuses sur catalogue. Comme Deliveroo pour les profits duquel tant d'esclaves de ces foutus temps modernes pédalent, nuit et jour, des sacs à dos surchargés de bouffe avant que de repartir - leurs vélos posés, leurs muscles "merci pour tout, retour à la case départ"qui parfois aimeraient tant pouvoir changer de nom -, oui avant que de repartir, ombres rendues à l'anonymat de ce brouillard de bouche - chez les pauvres, ça s'appelle être sur le point d'être à bout de souffle. Ailleurs... - qui nimbait jadis les photos pédophilement correctes de David Hamilton - et si cet automne confiné consacrait en définitive les musiques de films érotiques ? - vers une file des Restos du coeur...

Benoit Jeantet

 

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