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Confiné(e)s
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Maintenant, je regrette mon cheval

Maintenant, je regrette mon cheval
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Confinement. Jour 20. 

Parfois, comme la nuit dernière, on fait des rêves étranges... Parfois on vient vous les raconter, parce que toutes les boutiques et tous les magasins étaient fermés mais qu'il y avait une ou deux voitures qui remuaient encore un petit bout de phare, près de la rôtisserie où un film plastique tenait lieu de plexi-caisse...

Voici donc le début de mon rêve de la nuit dernière. En exclusivité mondiale. Il s'agit d'un rêve très écrit. Un peu trop écrit, pour tout vous dire... enfin, pour que ce rêve ait pu être vraiment rêvé...

Action ! Le début du rêve...Action demandée ! ( Je tiens à préciser que le rêve que vous allez lire a été tourné en Noir et Blanc, ce qui pourrait expliquer la différence de police que vos yeux experts en faux-raccords ne manqueront pas de remarquer. Voilà. Bonne séance...)

Visité enfin cet abri, tu sais, lapin…

De retour chez nous, après des jours et des jours de chevauchée. Des nuits de bivouacs d’étoile en étoile. Enfin chez nous, donc, où l’existence tourne plus ou moins autour d’un troupeau de vaches et de quelques champs de maigres profits. Le lait aussitôt tiré, là-bas tu sais, il te pèse sur l’estomac. Oui. Un peu de lait comme ça, même chez nous, c’est encore trop pur.

Les cloches sonnaient dans le gris bleu des bois de bouleaux quand je suis revenu au village, lapin. J’ai fini la route à pieds. Le cheval n’a pas survécu à ma vocation d’aventurier par tous les temps. J’ai dû l’achever d’une balle. L’amour est pur, lapin. L’amour est aussi pur qu’un peu de lait de là-bas, alors j’ai mis ma main sur les yeux du cheval. Pour pas qu’il ait le temps de voir venir, tu sais. D’avoir peur, lapin. Je ne suis pas assez cruel. Là-bas, ils disent toujours qu’il faudra bien, tôt ou tard, que je me tanne un peu le cœur. Que je me cuirasse le front contre l’écorce des frênes. Que je m’abreuve plus souvent au sang des bêtes…

…où elles viennent se reposer une dernière fois, toutes nos forces mortes…

Maintenant je regrette mon cheval. Impression que mes envies de voyage ne lui survivront pas…

(Suite au prochain jour de confinement )

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