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Confiné(e)s
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De lointains souvenirs encadrés d'apostrophes

De lointains souvenirs encadrés d'apostrophes
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  Confinement. Jour 13.

3 h 45. Le vent, cette nuit, souffle tempête...Dans ma tête, alors, des tas d'images se bousculent sans qu'aucun fil conducteur ne parvienne à les rassembler. C'est comme de rêver dans un trou d'obus... Oui, c'est ça... Impression de rêver à de lointains souvenirs que le vent viendrait encadrer d'apostrophes... Je n'ai pourtant pas spécialement trop bu au cours de cette soirée d'anniversaire, celui du fils de mon amoureuse... Et puis, l'importance du sourire et de la joie d'un enfant, je vais vous dire, hein, par les temps qui courent... Les chatoiements et les ambivalences - un gamin pressé de ne pas grandir trop vite. Oui mais en même temps... Une maman soucieuse de défusionner pour leur bien à tous les deux, certes... sauf que c'est toujours plus facile dans le bouquin aux termes techniquement pacifiés d'un pedopsy.... Essuyer les fusillades de l'existence, quand même, c'est une toute autre paire de manches... J'ai toujours beaucoup apprécié les fêtes d'anniversaire... Toujours cette étrange exaltation qui se diffuse partout... avant, une fois que tout est fini, que l'on est bien obligé de se dire : voilà, y'avait une fête ici et un gamin heureux de se retrouver au centre de toutes les attentions. Et maintenant... avant, oui, qu'un long tremblement nerveux ne se mette à vous parcourir le corps...Et maintenant...c'est comme si, même l'enfance touchait à sa fin...

5 h 30. Pas spécialement sommeil et ça arrive et quand ça arrive, c'est seulement là et c'est tout... Mais puisqu'il faut bien commencer par l'expérience du monde avant de la recréer - du moins tenter de - par l'écriture, je repense à ce vieux qui sent l'anis gras, recroisé tantôt dans l'ascenseur comme j'allais chercher une bouteille de vin encore oubliée en route - ces derniers jours - d'où c'est subitement venu ? Et bien... -, oui, ces derniers jours, à force d'angoisses en tous genres dès que je m'aventure dehors,  même si j'ai beau faire un peu le malin, après coup, avec ma prétendue distraction d'homme sur la lune, ces derniers jours, je ne renoue avec l'harmonie immanente de la vie qu'une fois devant les fourneaux où la fille que j'aime et moi, alors à tour de rôle on se tambouille ces apéritifs-dinettes que nous prennons ensuite, toujours très très lentement, histoire de nous raconter que pour que rien ne change...et bien il faudrait peut-être faire en sorte que rien ne change... pas trop...

6 h 05. Son petit à elle doit dormir comme un beau livre, un coquillage ou un rayon de miel. J'espère que mes grands ados trouvent au moins un nouveau sens à cet univers confiné. A vrai dire, je compte sur eux. Le roman dont j'avais espéré qu'il me détourne de ces images sans aucune vision stéréoscopique des choses - ma grand-mère fredonnant dans le clair-obscur du poulailler " Adieu foulards, adieu madras. " Le sourire de cette fille qui pleurait toujours juste avant de jouir. La percée fantastique de mon frère cadet quand il jouait encore au rugby comme d'autres ne joueront jamais avec le feu -  et bien ce roman finit très vite par me tomber des mains. Alors mes yeux parcourent le petit monde de la résidence comme d'éternels fugitifs...

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